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Possibilities, a dialogue between art and economics – Wellbeing and Behavioral Economics by Chris Barringhton-Leigh

(version française ci-dessous)

by Chris Barrington-Leigh, Assistant Professor, McGill University
Inspired by a creative discussion with Ian Langohr, visual artist
Name of the artwork Landshape

Economics is about understanding how stuff is allocated, and also about deciding how. But to what end? For a few decades, economists have been learning how to measure happiness in a new, direct way: by asking people to rate how good their lives are, taking everything into account. « Life satisfaction » data are bringing new light to the age-old question of what makes for a happy society, a happy community, and a happy individual.

Studying these data over the last ten years has forced me as an economist to recognize just how social humans are. It seems that a lot of our behaviour is driven, not by wanting to maximise our income or consumption, but by how we see ourselves in relation to others. And it seems that much of the difference in life satisfaction between one country and another, one community and another, and one person and another comes down to the  quality of our social interactions, from intimate to anonymous.

For instance, the nature and number of friendships and links to family, and the existence of trusting relationships not only with coworkers and bosses but with broader institutions such as government and businesses in general, all have enormous ability to account for differences in life satisfaction among individuals and societies. Probably nothing but health is more important for overall life satisfaction than the degree to which people feel that they belong to the groups around them, to which they share purpose, history, and direction.

Knowing what’s good for society tells us what is good for policy.  Unemployment is much worse than the loss of income it entails, because of its impact on identity, purpose, and relationships. Jobs give us purpose, and the very best kind involves working collaboratively with others in a way which will help others. Why? It seems we are just hard-wired to enjoy doing good for our clan.

On the flip side, and as founders of economics like Adam Smith knew well, social factors are also the most important in our motivations and rewards from the drive to advance economically. Consumption and wealth make us feel good in part to the extent that we rank above others – a zero-sum game for material growth.

Thus, if one recognizes that income and economic wealth are good objectives only as intermediate goals to improving people’s lives  (happiness), then the newly quantified importance of a number of non-market features of our lives – i.e., these social factors – has immediate implications for how we should allocate our resources. In particular, it implies that there are many tradeoffs in which improving our levels of trust, social belonging, and pro-social interactions may be worthwhile even at the cost of some missed economic growth.

Interestingly, Quebec society ranks as one of the happiest in the world.  While we can learn a lot from what has happened in such successful societies, we can be sure that a lot will change in the future, and directing our policy to make for happy lives rather than high consumption levels will be the best guide. Ultimately, extending the lessons from happier societies today, along with those from some policy experiments from recent years, it seems reasonable to expect that society under these objectives would result in less « work », less labour-focused education, more collective enterprises and more collective rewards.

 

www.GIFCreator.me_v8KjET.gif

Bonheur et économie comportementale

par Chris Barrington-Leigh, Assistant Professeur, Université McGill
Depuis la discussion créative avec Ian Langohr, artiste visuel
Nom de l’œuvre Landshape

L’économie, c’est comprendre le mode de répartition des choses, mais aussi prendre les décisions qui déterminent cette distribution. À quelle fin? Depuis quelques décennies, les économistes apprennent à mesurer le bonheur d’une façon nouvelle et plus directe : en demandant aux gens d’évaluer leur propre qualité de vie, prenant chaque aspect en considération. Les données ainsi recueillies jettent une lumière nouvelle sur une éternelle question : qu’est-ce qui détermine le bonheur d’une société, d’une communauté, d’un individu?

L’étude de ces données, au cours des dix dernières années, m’ont forcé de reconnaître à quel point l’humain est une créature sociale. Il semble qu’une grande part de notre comportement est animée non par le désir de maximiser nos revenus ou notre consommation, mais par notre perception de nous-mêmes par rapport aux autres. Ainsi, il semble que l’élément majeur déterminant le niveau de satisfaction de vie d’un pays à l’autre, d’une communauté à l’autre, ou d’une personne à l’autre, se résume à la qualité de nos interactions sociales, qu’elles soient intimes ou anonymes.

À titre d’exemple, la nature et la quantité des amitiés et des liens familiaux, ainsi que la présence de relations de confiance non seulement avec collègues et employeurs, mais aussi avec des institutions telles que le gouvernement ou les entreprises, ont toutes une capacité immense d’influencer le niveau de bonheur des individus et des sociétés. Il n’y a probablement aucun facteur, excepté la santé, qui est plus important dans la détermination du niveau de satisfaction de vie que le sentiment d’appartenance des gens avec les groupes autour d’eux, et avec lesquels ils partagent un but, une histoire, une direction.

Savoir ce qui est bon pour la société nourrit les bonnes décisions politiques. Le chômage en tant que tel est bien pire que la perte de revenu qu’il entraine, à cause de son impact identitaire, existentiel, et social sur l’individu. Avoir un emploi nous confère une raison d’être, et les emplois les plus bénéfiques sont ceux où nous travaillons en collaboration avec des gens, dans un effort pour aider les autres.  Pourquoi? Il semble que nous soyons tout simplement programmés ainsi : l’humain aime contribuer au bien-être de son clan.

En revanche, et tel que les fondateurs de l’économie, comme Adam Smith, le savaient bien, les facteurs sociaux sont aussi les plus importants dans ce qui nous motive à avancer économiquement. La consommation et la richesse nous procurent la satisfaction de nous élever vis-à-vis les autres: la croissance matérielle est donc un jeu à somme nulle.

Si nous reconnaissons qu’un bon revenu et une économie en santé sont de bons objectifs, mais seulement dans la perspective où ils améliorent le mode de vie des gens (donc leur bien-être), alors l’importance récemment quantifiée de certains facteurs « hors-marché » dans nos vies (tels ces facteurs sociaux), a des implications immédiates sur la façon d’allouer nos ressources. Ainsi, plusieurs concessions qui permettraient l’augmentation de notre niveau de confiance, d’appartenance sociale, et la qualité de nos interactions sociales, pourraient s’avérer bénéfiques même si elles impliquaient une certaine perte de croissance économique.

Il est intéressant de constater que la société québécoise se classe comme l’une des plus heureuses au monde. Bien que l’étude historique des sociétés à succès telles que la nôtre soit extrêmement enrichissante, nous pouvons être certains que les changements à venir seront importants; et l’adoption de politiques qui mettent l’accent sur des vies heureuses plutôt qu’une consommation élevée serait un pas dans la bonne direction.

Finalement, si l’on médite sur les leçons provenant des sociétés heureuses de nos jours, ainsi que celles apprises au fil d’expérimentations récentes, il semble raisonnable d’affirmer qu’une société respectant les objectifs décrits obtiendrait comme résultats une réduction du travail, une éducation moins centrée sur la production, davantage d’entreprises collectives et davantage de bénéfices collectifs.

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