//
vous lisez...
Événements - Events, Non classé, Publications

Possibilities, a dialogue between art and economics – Commons and Social Economics by Margie Mendell

(voir la version française ci-dessous)

by Margie Mendell, Professor, Concordia University 
Inspired by a creative discussion with Robert Fortier, painter and potter 
Name of the artwork Resurgences

In mainstream economics, the basic hypothesis is that we all act as individuals to maximize our satisfaction under conditions of scarcity. Our wants are unlimited and therefore, we have to make choices. We operate alone; others have no bearing on our choices and decisions. Nor does the world around us – our institutions, culture, our history. These are all considered as given and fixed in time. And all our decisions are valuefree; we are primarily consumers.

These underlying hypotheses do not reflect economic reality: how and why decisions are taken, whether good or bad. Nor do they reflect the reality of a market economy that falsely adheres to these principles, despite practices to the contrary. Interaction is what makes a market economy function; relations are at the heart of economic decisions and transactions, even those driven exclusively by the profit motive.

Indeed, all this is obvious, but if forces us to go back to first principles. What is social economics? As opposed to previous, better known neo-classical, Marxist, Keynesian and post-Keynesian approaches, social economics is a competing theoretical model that embeds the economy in social relations, in institutional contexts. It places values at the core of its analysis, focussing on ethical norms of production, consumption and exchange.
Today, the social economy is an ongoing process of re-embedding the economy in society, as people, movements, cooperatives, collectively organize economic activity to correspond with societal priorities.

What is the link to the commons? The commons refers to wealth that belongs to everyone and should be protected and collectively managed, including our natural resources, our cities and the digital commons, increasingly captured by private capital. The seminal work of Elinor Ostrom (1933-2012) has been instrumental in reviving the commons movement. She documents a diversity of commons in different cultural contexts over time, focussing on “action groups”, those who cooperate in governing and managing resources. Ostrom’s critique of market ideology is grounded in hundreds of empirical studies of the collective management of “common pool” or natural resources around the world, illustrating the limitations of private or public management. She also demonstrates that cooperation and collaboration require institutions: they need rules, including sanctions. Her recognition of the efficiency of collective action is a radical break with the principles of mainstream economic theory. Elinor Ostrom salutes the collective work of men and women around the world designing new economic initiatives, committed to equity and social justice and to living and working in harmony with nature.

Robert Fortier’s painting expresses the reality I try to describe in this short text: both the darkness that casts a shadow over collective action and the efforts to construct viable alternatives into a tapestry that reflects the diversity of people, communities and economic resources, around a tree and its strong roots. His painting conveys resilience, the capacity of people to initiate change, to develop the social and solidarity economy, to reclaim the commons, to engage in “commoning”. And from this collective action emerge new economic relations and a new ecosystem of production, consumption and exchange bound by shared goals and values, working with nature, cooperatively and collectively. This requires organization; it requires institution building; it requires rules, each and all of which are democratically conceived.

DSC_1556.JPG

 

Le commun et l’économie sociale

par Margie Mendell, Professeure, Université Concordia 
Depuis la discussion créative avec Robert Fortier, artiste peintre et potier 
Nom de l’œuvre Résurgences 

L’hypothèse de base de l’économie dominante est que nous agissons en tant qu’individus, pour maximiser notre satisfaction sous des contraintes de rareté. Nos désirs étant illimités, nous devons faire des choix. Nous agissons seuls : les autres n’ont pas d’influence sur nos choix et nos décisions. Il en va de même pour le monde qui nous entoure : nos institutions, la culture, notre histoire. Tout cela est considéré comme acquis et figé dans le temps. De plus, nos décisions sont indépendantes de toute valeur; ainsi nous sommes avant tout des consommateurs.

Ces hypothèses de base ne reflètent pas la réalité économique, ni comment ni pourquoi les décisions sont prises, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Elles ne reflètent pas non plus la réalité des marchés économiques, qui adhèrent en apparence à ces principes, alors que leur pratique est contraire. L’interaction fait fonctionner les marchés; ce sont les relations qui sont au coeur des décisions économiques et des transactions, même celles menées exclusivement par motif de profit.

Tout cela peut nous sembler évident, mais nous oblige néanmoins à retourner aux fondements. Qu’est-ce que l’économie sociale? Par opposition aux approches plus connues (néoclassique, marxiste, keynésien et post-keynésien), l’économie sociale est une modèle théorique, qui inscrit l’économie au cœur des relations sociales et des contextes institutionnels. Dans son analyse, elle pose les valeurs comme primordiales, mettant l’accent sur l’éthique dans les normes de production, de consommation et d’échange.

Aujourd’hui, l’économie sociale est un processus continu de réintégration de l’économie au sein de la société. Les individus, les mouvements sociaux et coopératives organisent collectivement les activités économiques en fonction de priorités sociales.

Quel est le lien avec les communs? Les communs réfèrent à la richesse qui appartient à tout le monde, et qui devrait être protégée et gérée par la collectivité, incluant les ressources naturelles, nos villes et les communs numériques, lesquels sont de plus en plus sous la coupe du capital privé. Le travail précurseur d’Elinor Ostrom (1933-2012) fut primordial dans la réanimation du mouvement des communs. Elle documente une diversité de communs dans différents contextes culturels à travers le temps, mettant l’accent sur les « groupes d’action », sur ceux qui coopèrent en gouvernance et en gestion des ressources. La critique d’Ostrom sur l’idéologie de marché se base sur des centaines d’études empiriques sur la gestion collective d’une réserve commune de ressources naturelles autour du monde, illustrant les limites de la gestion privée et publique. Elle démontre aussi que la coopération et la collaboration exigent des institutions : elles ont besoin de règles, assorties de sanctions. Son affirmation de l’efficacité de l’action collective constitue une rupture radicale avec les principes de l’économie dominante. Elinor Ostrom célèbre le travail collectif des hommes et des femmes autour du monde, qui élaborent de nouvelles initiatives économiques dédiées à l’équité, la justice sociale, au vivre ensemble et en équilibre avec la nature.

La peinture de Robert Fortier exprime la réalité décrite dans ce court texte. Tout à la fois l’obscurité qui étend son ombre sur l’action collective et les efforts pour construire des alternatives viables dans une mosaïque reflétant la diversité des gens, des communautés, et des ressources économiques, qui se déploient autour d’un arbre et de ses racines. L’oeuvre transmet la résilience, la capacité des gens à initier le changement, à développer l’économie sociale et solidaire, à récupérer les communs et à s’engager dans le « communal ». Et de cette action collective émerge de nouveaux rapports économiques et un nouvel écosystème de production, de consommation et d’échange, lié par des objectifs et des valeurs communes, en travail avec la nature, en coopération et en collectivité. Cela nécessite de l’organisation: cela requiert l’établissement d’institutions; cela demande des règles, et tout cela devra être construit démocratiquement.

 

 

 

 

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Contactez nous – Contact us

mainvisiblehand@gmail.com

Calendrier hétérodoxe – Heterodox Calendar

septembre 2016
L M M J V S D
« Août   Oct »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Veuillez inscrire votre courriel pour suivre recevoir de nos nouvelles - Please enter your email to follow our actions:

%d blogueurs aiment cette page :